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« Travailler sur Minuit, c’est comme travailler avec un band. » | Entrevue avec Alex McMahon

Parmi ses nombreuses réalisations, il a accompagné Lhasa de Sela en tournée, travaillé avec Daniel Bélanger, Ariane Moffatt, Louis-Jean Cormier, Patrice Michaud et Hubert Lenoir, occupé le rôle de directeur musical à Star Académie, ouvert son studio d’enregistrement et lancé son propre album. Il compose maintenant pour le cirque, le théâtre et la danse, et nous avons la chance de le compter dans l’équipe de Minuit quelque part. Aujourd'hui, nous rencontrons Alex McMahon. 


MQP - Alex McMahon

Comment en es-tu venu à la composition pour la danse ? 


Alex : Je suis pianiste de formation. J’ai fait énormément de tournées dans le monde avec un paquet d'artistes, dont Lhasa de Sela et Daniel Bélanger, en tant que musicien accompagnateur. Après quelques années de tour du monde, je m’ennuyais de ma blonde. Je suis revenu à Montréal, j’ai fondé mon studio et je me suis tourné vers la réalisation et l'enregistrement d'albums. Je me suis ensuite mis à la composition à l’image et pour le cirque. La composition pour la danse, c’est une première pour moi. J’espère que ce n'est pas une dernière, parce que c'est un super beau terrain de jeu pour l’expression! Ce qui est intéressant avec Minuit, c’est de travailler avec un large panel de chorégraphes qui ont leur sensibilité propre. J’aime jaser musique avec chacun de ces intervenants-là, qui ont chacun leur style, leur approche. Ça me passionne de voir comment la musique nourrit leur créativité. 


Comment arrives-tu à répondre aux besoins de chacun ?


Alex : Ça se fait dans la communication et dans l’ouverture de part et d’autre pour accorder nos sensibilités. Je pense que c’est facile de collaborer avec moi, parce que je veux que mon travail inspire l’autre personne. S’il y a une section de la pièce que je propose et qui ne convient pas, je ne m’entête pas à la garder : on la jette et je fais autre chose. On se prend chacun par la main et on s’amène chacun du côté qui nous inspire. Je trouve ça vraiment le fun, en fait! C’est comme travailler avec un band. C’est une démocratie, il faut que tout le monde y mette du sien et c’est la somme de nos idées et de nos influences qui fait une fusion, quelque chose de nouveau. Dans Minuit, grâce à l’apport des chorégraphes, il m’arrive de me surprendre moi-même et je trouve ça vraiment intéressant. Je préfère vraiment travailler en collaboration, car je ne suis pas un grand solitaire. 


Et pourtant, la première chose qui t’a été demandée, c’était de créer une trame sonore complète avant que commence le processus de création chorégraphique. 


Alex : Pour moi, cette première étape était pour ouvrir la discussion. Ensuite, c’est comme un jeu d'échecs où on joue chacun notre coup. Je savais qu’il allait y avoir des aller-retour d’idées. Il fallait que quelqu’un ouvre le jeu, et en aucun cas je n’ai pensé que la musique resterait telle quelle. Chaque fois que je vois les enchaînements dansés, ça me donne des idées, ça me fait twister des affaires, et c’est là que la danse et la musique se marient et que les gens ont accès à un show qui se tient. C’est comme au cinéma, avec des arts qui s’imbriquent les uns aux autres : ça ne se fait pas en silo, il faut que tout le monde se contamine. 


À quel genre d'univers sonore le spectateur de MQP peut-il s’attendre ? 


Alex : Il y a une bonne part de mystère, ça fait partie intégrante de ce qu’est la nuit. On va du côté du party aussi, avec une bonne énergie, et il y a quelque chose de très lié à la terre. Je dirais « énergie mystérieuse de la nature ». Il y a une part de brume, comme quand on se réveille la nuit et qu’on est encore dans le flou du rêve. 


Y a-t-il des artistes ou des œuvres qui ont eu un impact significatif sur toi en tant que compositeur ? 


Alex : Je pense spontanément à Björk, pour sa musique qui semble venue d'ailleurs et qui ne vieillit pas. Ses propositions sont souvent à contre-courant, et elle se permet énormément de liberté. J’accorde beaucoup de valeur au non-conformisme et à la liberté dans la création. Ça fait que tout le monde est toujours aux aguets quand Björk sort un album. C’est une artiste qui m’inspire beaucoup. Elle est un modèle d'extrême créativité. 

Lhasa de Sela continue de m’inspirer. J’écoutais sa musique quand j'étais petit et ça a été très formateur de la rencontrer. Il y a beaucoup de son influence dans ma musique. La beauté sombre de ses arrangements m’a extrêmement marqué, et je pense que ça s’entend dans Minuit

De façon générale, ma grande expérience dans le milieu de la musique pop teinte mon travail d’une certaine accessibilité. Sans être dans une forme pop, mon travail est loin de la musique contemporaine “hard-core”. Il y a des ancrages dans mes compositions pour que les gens puissent suivre le flot et se sentir concernés. J’ai cette sensibilité, qui vient du pop, d’essayer d’amener le monde dans notre jeu. 


Pour toi, minuit est synonyme de


Alex : L’heure de tous les possibles. Tout peut basculer : soit tu te tournes vers ton lit, ou la nuit continue. C’est l’heure maudite (!) où tu dois prendre une décision, un point de bascule.


Si tu devais choisir un endroit pour célébrer à minuit, ce serait lequel ? 


Alex : Une plage la nuit, avec un feu.


Icône quart d'étoile MQP

Dans les cartons dans les prochains mois

  • Musique et conception sonore de Jamais, Toujours, Parfois, Théâtre du Rideau Vert à compter du 13 mars 2024.

  • Trame sonore de Jusqu’à ce qu’on meure, spectacle déambulatoire de cirque, théâtre et musique électronique, dès le 6 mars 2024 à L’Arsenal.

  • Musique de quatre spectacles du Cirque Éloize à être joués sur le navire de croisière Sun Princess à compter de l’été 2024. 


Icône étoile couleur MQP

Entendez le génie d'Alex McMahon lors de son passage près de chez vous!



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